Réflexions sur le déclin de l’Occident. Les dimanches de la philosophie. Séance 51.

Il y a quelques jours, je lisais un dossier de Courrier International sur le déclin de l’Occident. En lisant tous ces articles, je me suis rendu compte qu’il n’était question que de PIB, de production industrielle et de transactions financières. La montée de l’Asie nous dit-on, s’accompagnerait nécessairement de notre propre déclin. Grand dieu, nous ne sommes plus les maîtres du monde !!

Cette manière de penser n’est elle pas celle des militaires, des industriels et des maîtres ? Qui ont fini par nous convaincre que la vie était une course dont nous devions sortir vainqueurs pour la gloire de la nation. Je me souviens de ces mots de Dagerman :

« Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable. »

Peu m’importe que l’Occident soit le centre du commerce mondial et que le PIB de l’Allemagne soit supérieur à celui de l’Indonésie. Le déclin ou non de l’Occident ne se mesurera pas devant une montagne de charbon ou d’acier mais devant la société que nous sommes en train de bâtir. Le déclin sera culturel et intellectuel avec d’être financier et technologique.

Pour l’instant, je n’ai pas le sentiment que notre civilisation est fondamentalement en déclin par rapport au reste du monde. Les Européens sont globalement éduqués et curieux. Les musées et les bibliothèques sont pleins, les gens voyagent et partent à la découverte du monde. Bien sûr, de l’autre côté, l’extrême droite progresse avec le repli sur soit et la peur des autres. Nos sociétés se sclérosent et les inégalités sociales s’accroissent de façon scandaleuse. Ian Morris parle de la chute inévitable de toute civilisation, qui doit faire face à un goulet d’étranglement entre leurs besoins et la raréfaction des ressources. Il a oublié la révolution, la guerre civile, le déclin démographique et la catalepsie intellectuelle. La seule manière d’éviter la chute serait de changer profondément notre éducation. De réformer notre société et nos valeurs avec un partage du travail, des richesses et une révolution philosophique dans laquelle l’argent ne serait plus au centre de tout. Je pense que cette question concerne tout autant l’Occident que l’Asie et les pays émergents.

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~ par L'éphémère du crépuscule sur dimanche 15 janvier 2012.

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