La violence d’état et la violence individuelle. Les dimanches de la philosophie. Séance 48.

Mes chers lecteurs,

À l’heure où ces lignes apparaissent sur Internet, par la magie d’une programmation savante, je suis en train de combattre sur les tatamis d’une ville des bords de Loire. À cet instant précis, 10h31, je suis sans-doute en train de fracasser un nez, briser des côtes flottantes ou le sternum d’un homme qui ne m’a rien fait. C’est donc l’occasion rêvée de réfléchir sur la légitimité de la violence dans une société moderne. Le philosophe peut-il utiliser la violence ? Si la réponse est négative, l’état peut-il utiliser la violence en notre nom ?

À ces deux questions, j’apporterais une réponse nuancée. Je ne crois pas à la morale kantienne, dans laquelle le bien et le mal existent indépendamment des circonstances. Je m’en étais expliqué ici même en septembre de l’année dernière. La violence ne doit pas être jugée selon sa nature mais selon ses conséquences. Il existent des situations où le dialogue est devenu impossible, où le compromis n’est plus envisageable. Des situations où la violence arrive à nous sans que nous l’ayons provoquée. Dans ces situations, rares et extrêmes, nous avons la légitimité ou le devoir de nous défendre. Les accords de Munich en 1938 ont été scellés par un compromis dont nous mesurons encore aujourd’hui les conséquences.

Cependant, à l’échelle individuelle ou collective, cette violence doit-être strictement canalisée et limitée. Or, c’est là que le bât blesse. Un grand nombre d’individus utilisent quotidiennement la violence, soit par habitude, par frustration ou simplement parce qu’ils en ont le pouvoir.

L’état, qui est représenté par des hommes, agit de la même façon. L’armée, la police, la justice, nos gouvernants utilisent quotidiennement la violence au nom de l’intérêt général (ou plus insidieusement de leur propre intérêt.) La force est  nécessaire pour faire régner l’état de droit et assurer la protection des plus faibles, cependant, son utilisation va bien au-delà de ces missions. Le rôle de l’armée française est-il de défendre nos frontières où les intérêts économiques des industries pétrolières ? La police défend-elle les droits-de l’homme ou contribue-t-elle à notre aliénation ? La dissuasion nucléaire est-elle encore légitime ? Efficace ? Toutes ces questions peuvent susciter des débats sans fin. Résumons donc tout ça dans une petite vidéo éducative. 😉

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~ par L'éphémère du crépuscule sur dimanche 6 décembre 2009.

10 Réponses to “La violence d’état et la violence individuelle. Les dimanches de la philosophie. Séance 48.”

  1. si ton « bas blesse », alors porte des collants

  2. Je dois trop fréquenter de karatékas… Je vais rectifier l’erreur. 😉

  3. pis ya la conjugaison qui merdoie dans la 1e ligne

    espèce de Gypaëte

  4. Oui, j’hésitais entre le présent et le passé composé. Du coup j’ai écrit au « pressé composé », c’est un mélange des deux.

    Sinon, c’est bien, tu as mis un tréma à « gypaëte »… Tu n’es peut-être pas irrécupérable. 😉

  5. que c’est beau… les deux ennemis se réconcilient devant les fautes de frappes du Grand Khan ! C’est bien les garçons…

  6. Dès qu’il sera remis de sa grippe et moi de mes nombreux hématomes et côtes cassées, on pourra reprendre les hostilités comme au bon vieux temps… 😉

  7. Euh pour les hématomes et les côtes cassées, en fait, je crains d’avoir reçu plus de coups que j’en ai donné… 😳 C’est dans ces moments là qu’on a envie d’être pacifiste.

    Il y avait un ceinture noire qui donnait de grands coups de pied latéraux. À chaque impact je volais sur deux mètres comme dans les films de Kung Fu… À la fin, il s’est battu contre un petit garçon avec une ceinture jaune-orange, je lui ai dit : « N’y va pas !!! Il va te tuer !!! Cours pauvre fou ! »

  8. Chöchötte vä !

  9. En d’autres termes et pour faire court, la définition du conséquencialisme serait selon toi « la fin justifie les moyens » ou qq chose de ce type?

  10. Bonne question. 🙄 Le machiavélisme serait une version extrême du conséquentialisme. « La fin justifie les moyens » suppose une absence totale de morale. Meurtres, pressions, manipulations sont utilisées sans limites. Dans un système conséquentialiste, tel que je le vois, tout n’est pas acceptable. J’ai une morale qui n’est pas complètement rigide. Je mens à peu près jamais, mais si la vérité fait plus de mal qu’un mensonge, je mesure le pour et le contre. Dans la morale kantienne, le mensonge est un mal absolu. Toute vérité n’est pas bonne à dire. Elle peut-être blessante ou démoralisante. Tout le monde ne veut pas connaître la vérité.

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